Je savourais trop la légèreté et le bien-être de finir un repas avec un thé, sans plus.
Bien entendu, je savais qu'il ne s'agissait que d'une trève car ma 'routine' reprendrait dès que je serais de retour. Et ce fut le cas: une reprise en force, comme pour compenser le manque...
Mais malgré tout, certaines choses ont changé dans mon esprit et l'envie de m'en sortir ne me quitte pas.
Mon poids? Oui, il a légèrement baissé avec les vacances. Oui, j'ai du mal à accepter de reprendre même si déjà avant de partir, je me trouvais maigre. (...donc je devrais accepter de reprendre, ne fut-ce que ce que j'ai perdu!).
Je me fais suivre, je consulte et je me documente personnellement; j'essaie donc de tous les côtés de trouver le déclic. Pour l'instant, je dirais que l'expression 'Entre deux maux, le moindre' pourrait coller à mon état d'esprit car j'ai l'impression que pour guérir je vais devoir repasser par une phase d'anorexie (pas trop sévère).
Je m'explique: la boulime ne permet plus rien, je ne m'autorise rien sauf en crise et donc, au final je ne garde rien. Pas un fruit, pas un biscuit, rien. C'est violent pour le corps et l'esprit. Je n'ai plus aucun respect pour la bouffe et surtout pour moi-même.
En étant anorexique, je vouais un culte à la nourriture et surtout j'aimais et savourais le moment de manger (même si les quantités étaient moindres). Je me documentais sur les apports de chaque aliment. Attention, je ne vante pas les bienfaits de l'anorexie! J'explique juste que ma manière de penser était, à la limite, plus 'saine'. Bien sur, la finalité était de maigrir encore et toujours, j'en suis consciente!
Comme il m'est difficile de revenir à une base de 3 repas par jour, j'essaie de me convaincre à ma manière: j'ai relu les repas que je notais, durant mon anorexie, et je me dis que si, déjà, j'arrivais à réinstaurer cela je ferais un pas en avant.
Je sais que certains vont BONDIR en lisant ça, mais c'est absolument personnel.
Pour l'instant, c'est trop destructeur, c'est chercher ce qui est le plus savoureux, le plus facile à vom**, le moins cher et le moins calorique (quand même)... Mon corps est une machine que je bourre et vide; je me donne une grosse gifle puis je caresse mon visage et j'apprécie ce moment. Je me fais connaître le mal pour mieux apprécier le bien.